Comment juger un roman du XIIe siècle avec des critères du XXe ou même XXIe?
Quelle anachronisme, c’est juste baaas boooossible! Mais quoi qu’il en soit quelle délectation de lire un roman vieux de 8 siècles! D’ailleurs, sais-tu lecteur intrépide que le mot “roman” provient justement de cette époque et consistait à transcrire de vieux écrits en langue romane?. Avant ca point de roman! On lisait des odes, des vers ou des trucs comme ca mais de romans que nenni.
Ceci dit Brahim, les scénaristes des “Desperate Houswives” et autres productions hollywoodiennes qui font régulièrement exploser le box-office américain et par la même occasion européen quand ils ne font pas grêve, au grand désespoir d’ailleurs des défenseurs du cinéma soporifique du vieux continent incapables de se remettre en cause et de rivaliser avec une machine de guerre bien huilée, n’ont rien à envier à l’illustre inconnus qui a pondu cette peinture moyenne-ageuse (Et oui, pas encore d’appareil photo à l’époque). Car si tu me suis toujours fidèle lecteur dans la tourmente de mes déblatérations verbales, tout y est! Ce poème épique destiné à être récité à la cours des rois par les troubadours et autres Brad Pitt de l’époque contient de l’amour, de l’adultère, du suspense, de l’action, du sexe, des gentils, des méchants, et tous les ingrédients qu’il faut pour être totalement absorbé par les aventures totalement folles de dame Iseult aux mains blanches et du valeureux Tristan qui combattis le retors Morholt. Au point même que si l’envie te prends de descendre l’ouvrage dans le train, tu maudiras d’être arrivé si vite à destination et de ne pas savoir si le roi Marc que la jalousie aveugle brûlera Dame Iseult sur le bucher.
Bref, c’est du bon, c’est du lourd et à l’époque ca a certainement dû déchainer les foules à défaut de faire exploser l’audimat.
Donc si tu hésites, n’hésites plus, ca se lit très vite, tellement vite que ton pouce pourrait en attraper une tendinite à force de faire des allers-retour incessants avec les pages.
Le livre vaut largement les 2,29 euros payés à l’époque un samedi après-midi de cohue à la Fnac en train de pester à la caisse dans une queue qui n’avance pas et à deux doigts d’abandonner tous mes articles dans un bac de stabilos en promotion (4 pour le prix de 3…). Finalement je ne regrette pas mon achat même s’il a squatté ma bibliothèque pendant presque 4 ans sans que ne s’ouvre une seule page. Oui, j’ai honte, que le spectre de Guillaume d’Orange me maudisse sur 17 générations.
Ci bon, ci pas cher, achèt! achèt!
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